Be Wording

Krähenmutter – Mère corneille de Catherine Sheperd

J’ai aujourd’hui le plaisir de vous présenter un projet qui me tient à cœur et sur lequel je travaille quand le temps me le permet : la traduction du thriller Krähenmutter de Catherine Sheperd, dont voici le prologue. N’hésitez pas à partager ou à me faire part d’éventuelles pistes pouvant me permettre de trouver un éditeur.
Bonne Lecture.

Krähenmutter

« Bonjour, je m’appelle Bébé. Je suis un garçon et j’ai dix ans. Maman m’a gardé. »
Il se tenait sur la pointe des pieds et tendait la tête autant que possible. Le miroir de Maman était haut et il n’arrivait que difficilement à lever ses lèvres au-dessus du bord inférieur. Son menton était à moitié coupé. Il pouvait tout de même voir la majeure partie de son visage dans le miroir et étudier ses mimiques tandis qu’il répétait sa présentation. À vrai dire, il n’avait pas le droit d’être dans la chambre de Maman, mais c’était la seule pièce de toute la maison à avoir un miroir. Il s’y était faufilé en secret. Maman était occupée avec les bébés, il avait donc la prochaine demi-heure pour lui. Il ne pouvait pas vraiment se rappeler quand il avait eu l’idée pour la première fois mais, un jour, elle s’était ancrée dans sa tête. Il voulait devenir acteur. Cela faisait déjà des semaines qu’il s’exerçait dans ce but. Il avait vu une remise de prix à la télé et avait observé avec attention comment chaque star se présentait. Voilà pourquoi il tendait la tête, un sourire éclatant sur les lèvres tout en répétant la première phrase. Il rêvait d’être quelqu’un d’autre. Un héros qui sauve des vies et qui est admiré de tous. Quelqu’un qui est au centre des attentions et qui ne passe pas sa vie dans l’ombre, comme lui.
Maman ne s’occupait toujours que des bébés. Elle les aimait plus que tout. Parfois, il avait peur qu’elle aime les bébés plus que lui. Il était heureux qu’elle ne se soit pas débarrassée de lui comme de tous les autres. Il se sentait toutefois rejeté, tant elle était accaparée par les bébés. En plus, il devait aider quotidiennement. Maman ne pourrait jamais faire tout le travail seule. Les bébés demandaient beaucoup d’attention. Il y en avait toujours un pour crier et jamais le calme ne revenait. Même là, alors qu’il s’était faufilé dans la chambre sous les toits, il entendait leurs cris. Il rêvait de silence, si rare dans sa vie : la plupart du temps en plein milieu de la nuit, quand les bébés dormaient enfin. Il pouvait alors laisser filer ses pensées sans obstacle. Dans son imagination, il devenait enfin un autre garçon, un qui portait un vrai nom. Maman ne l’appelait que Bébé. Comme tous les autres enfants. Il imaginait comment cela serait de s’appeler Maximilian ou Jonas. Il avait entendu ces prénoms au supermarché. Des mères les avaient criés. Une fois de désespoir, parce que le garçon avait apparemment disparu, et une autre fois pour empêcher l’enfant de piocher dans l’un des nombreux rayons remplis de chocolats. Il était fasciné par le son d’un nom propre. Ceux qui portaient un nom étaient particuliers. Des personnes dont on pouvait se souvenir. Pas comme lui. Maman faisait toujours attention à ce qu’il passe inaperçu. Sa silhouette était fine et deux yeux marron foncé de garçon contemplaient le monde depuis son visage pâle. Au cours des années, il avait dû apprendre à se rendre invisible. La plupart des personnes regardaient à travers lui, comme s’il était de l’air. On ne lui avait encore jamais offert de cadeau à la caisse. Les autres enfants recevaient parfois un petit jouet de la part des caissières qui scannaient assidûment les articles. Mais on ne le remarquait jamais. Même quand il se postait tout près du tapis, personne ne faisait attention à lui.
« Bébé ! » La voix stridente de Maman résonna dans la maison.
« Bébé, où es-tu ? Viens-là tout de suite et aide-moi ! »
La peur le paralysa un instant. Maman ne devait pas le trouver en haut. Il se tenait toujours sur la pointe des pieds et osait à peine respirer.
Lentement, il récupéra le contrôle sur son corps. Il se déplaça avec raideur et maladresse sur les vieilles planches en bois, veillant à ne pas les faire craquer. Il savait exactement où il devait poser les pieds. Une fois arrivé à la porte, il la tira sans bruit derrière lui et frôla le mur jusqu’à l’escalier qui reliait les trois étages de la maison. La cave, elle, n’était pas accessible par l’escalier mais via une trappe dans le sol. Un tapis effiloché se trouvait juste à côté de la trappe et permettait de cacher en un instant l’ouverture en cas de visite.
« Bébé, bon sang, où te caches-tu ? »
Il sursauta de nouveau. La voix se trouvait juste sous lui et résonnait dans l’escalier. Il tendit le cou au-dessus de la rambarde et regarda en bas. Maman le regardait d’un air fâché.
« – Qu’est-ce que tu fais là-haut nom de Dieu ? Je ne t’avais pas dit de peler des pommes de terre ?
– Je suis juste allé un peu dans ma chambre. » La voix de Bébé était aussi aigue que celle d’une petite fille apeurée. Il se dépêcha de descendre l’escalier jusqu’à ce qu’il se retrouve juste à côté de Maman un bref instant. Il se faufila avant qu’elle ne puisse attraper son t-shirt. Prenant les marches deux par deux, il atteignit le rez-de-chaussée et courut dans la cuisine.

Entrepreneure, maman et femme

De plus en plus de personnes se lancent dans l’aventure entrepreneuriale et, pour réussir, il faut pouvoir s’y consacrer pleinement, c’est indéniable. Les entrepreneurs célibataires et sans enfants ont tout le loisir de le faire, quant à ceux qui sont en couple avec ou sans enfants, s’ils sont chanceux ils peuvent compter sur le soutien – financier et/ou moral – indéfectible de leur partenaire. Mais qu’en est-il de ceux qui, comme moi, n’entrent dans aucune de ces cases ?

On ne le dira jamais assez : en tant que femme, conjuguer vie de famille et vie professionnelle est souvent loin d’être évident. Ceci est d’autant plus vrai lorsque le foyer est monoparental. Et quand on a choisi de se mettre à son compte. Le regard des autres pèse, la pression sociale se fait ressentir, beaucoup ont écrit et continueront d’écrire á ce sujet. Mais je dois dire, que dans mon cas, tout cela n’est rien face aux exigences que j’ai envers moi-même.

Si je souhaite être une bonne mère, c’est pour ma fille, parce que je lui dois bien ça, après tout, elle n’a pas demandé á être là et en aucun cas elle ne doit pâtir de mes choix. Si je souhaite réussir professionnellement et personnellement en tant que femme, c’est pour m’accomplir moi-même et aussi lui montrer à elle que c’est possible, qu’on peut suivre ou, encore mieux, tracer sa propre voie. Que, bien sûr, cela demande du travail et éventuellement des sacrifices mais que, quand on souhaite quelque chose, il faut savoir serrer les dents et foncer, quitte à se battre.

Je souhaite lui donner l’image d’une femme forte, indépendante, qui (s’)assume et ne lâche rien. Un jour, quelqu’un m’a dit qu’il faut savoir se donner les moyens de ses ambitions. C’est tellement vrai et depuis je n’ai de cesse de me le répéter. Entrepreneure, maman et femme, il n’y a pas d’ordre mais parfois beaucoup de désordre alors je jongle, parfois l’une des balles tombe, tant pis, j’ai vite fait de la rattraper.

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Lieblingsmensch – Namika

Voici la première traduction de paroles d’une série que j’espère longue et appréciée ! J’ai le plaisir de vous présenter Lieblingsmensch de Namika.


Tous les clips Namika

Ma personne favorite

Parfois j’ai l’impression de ne pas être à ma place, comme un voilier dans l’espace.
Mais si tu es à bord avec moi, ça me plaît d’être déjantée.
Avec toi, même les embouteillages sur l’A1 passent à la vitesse de l’éclair.
Et le jus de chaussette de la station-service a un goût de café sur Hawaii.

Même quand je me tais, tu es au courant.
Pas besoin de dire quoi que ce soit, un regard suffit.
Et si le quotidien est trop gris, je t’embarque dans mes valises pour aller prendre l’air.

Salut toi, ma personne favorite !
Voilà un énorme compliment, parce que tu me connais si bien.
À tes côtés je peux être moi-même, être rêveuse et folle.
na na na na na na – Merci à toi, ma personne favorite !
Je suis heureuse qu’on se connaisse.

Personne n’a le droit de la connaître mais à toi je la confie,
parce que je sais que tu la gardes à l’abri : mon Area 51.
Et parfois on tourne en rond, une broutille se transforme en dispute,
mais impossible pour moi de t’en vouloir plus de cinq minutes.

Si je te cache quelque chose, tu le remarques aussitôt.
Si je baisse les bras, tu es là pour m’épauler.
Parfois le quotidien est comme une chape de plomb
mais une fois à deux, tout semble plus léger.

Salut toi, ma personne favorite !
Voilà un énorme compliment, parce que tu me connais si bien.
À tes côtés je peux être moi-même, être rêveuse et folle.
na na na na na na – Merci à toi, ma personne favorite !
Je suis heureuse qu’on se connaisse.

Les temps changent et nous avec.
Toi et moi, tellement jeunes sur ce vieux polaroïd.
On ne s’est pas vu depuis bien trop longtemps,
mais voilà que nous rions comme si tu n’étais jamais parti.

Salut toi, ma personne favorite !
Voilà un énorme compliment, parce que tu me connais si bien.
À tes côtés je peux être moi-même, être rêveuse et folle.
na na na na na na – Merci à toi, ma personne favorite !
Je suis heureuse qu’on se connaisse.

Pourquoi devenir traductrice ?

Puzzleteile: Deutschland und Frankreich zusammen

Cette question m’est souvent posée, généralement accompagnée d’un « et pourquoi l’allemand ? ». Il est en effet légitime de se demander pourquoi une personne a choisi cette voie en particulier parmi toutes celles qui s’ouvraient à ses pieds.

Commençons par le commencement : la langue. L’allemand, donc. C’est effectivement cette langue qui a tout déclenché. Je ne sais pas trop expliquer pourquoi, à dix ans, j’ai opté pour l’allemand plutôt que pour l’anglais. La rencontre avec les correspondants germaniques de mon frère et de ma sœur avait-elle attisé ma curiosité pour cette langue ? Ou bien s’agissait-il des prémices de mon envie de ne pas faire comme tout le monde ? Quoi qu’il en soit, l’allemand devint ma première langue étrangère et le mal fut fait : je tombai amoureuse.

Les années passant, cet amour ne fit que se renforcer au fil des échanges scolaires, des professeurs passionnés et passionnants. Étant également très attirée par l’écriture, mon premier projet professionnel, au collège, fut de devenir journaliste. Jusqu’à ce que je fasse une seconde rencontre déterminante, avec la traduction. Je me rappelle très bien de ces exercices de préparation au bac et du plaisir procuré par l’équilibrisme intellectuel entre les deux langues. Construire un pont, jouer avec les mots, se tordre les méninges et jongler, sans arrêt, entre deux mondes. Un jeu, non plutôt un véritable sport intellectuel, dont j’étais persuadée que l’exercice ne me lasserait jamais. C’était comme une évidence : elle était là, ma vocation.

Cette révélation que j’ai eue alors se confirme jour après jour : ce métier est fait pour moi. La diversité et l’ouverture qu’il permet sont inégalées. Tout ce que j’aime en un métier, que demander de mieux ?

Inauguration

Inauguration

Bonjour à toutes et à tous,

Be Wording existe depuis maintenant huit mois et j’ai décidé de fêter cela en inaugurant un blog, histoire d’amener un peu de vie sur ce site.

Les ambitions de ce blog sont plutôt modestes et rapides à résumer : parler de traduction et de la vie d’indépendant, ses joies et ses déboires. Je compte aussi partager mes coups de cœur, mes coups de sang, des traductions (à partir de chansons, par exemple) et également répondre à vos questions et suggestions.

Un blog ne vit que par et pour ses lecteurs, n’hésitez donc pas à lui insuffler du dynamisme, vous aussi. J’espère en tout cas que vous apprécierez mes articles !

Bien à vous,

Marine